Théo Desprez, entrepreneur et parrain de la promotion “Les Entrep’ en Bretagne”

Théo Desprez, parrain de la promotion 2020-2021 “Les Entrep’ en Bretagne” est cofondateur de Fil & Fab, la première entreprise française de régénération de filets de pêche usagés. Il est passé par PEPITE en 2016.
Fil & Fab
Comment est né votre projet ? 

A la base, c’était un projet pour se faire plaisir, je ne pensais pas forcément à l’entrepreneuriat. Je réfléchissais, en tant que designer, à l’impact que j’allais avoir autour de moi. Je voulais avoir un rôle à jouer sur les problématiques liées à l’environnement, au territoire.

Yann et Thibaut, qui étaient mes amis et sont aujourd’hui mes associés, se posaient le même genre de questions. Nous avions envie de dépasser le cadre des études : les notes, les projets qui ne durent que quelques semaines... pour creuser un sujet. C’est comme ça que nous avons décidé de créer un collectif d’étudiants designers.  

Fil & Fab

...Et vous êtes “tombés” dans le filet...de pêche !? 

Eh oui! Un jour, on termine une soirée sur le port de Brest. C’est là, devant les filets, que l’idée nous est venue. On s’est posé pas mal de questions en voyant ces déchets qui jonchaient les quais et dont on trouvait des morceaux partout : est-ce qu’on pouvait le réutiliser ? pour en faire quoi ? etc. On a senti qu’il y avait quelque chose à faire avec cet objet qui, en plus, est beau, vient de la mer et a une histoire... 

Quel objectif vous êtes-vous donné ? 

Montrer qu’il y avait quelque chose à faire avec ce déchet dont personne ne voulait. Les filets étaient mal vus par les recycleurs et les industriels : ils étaient considérés comme sales et sentaient mauvais. On a travaillé en expérimentant, pendant plusieurs mois, des trucs techniques, des refontes de plastiques... On a créé nos propres outils pour feutrer, fondre la matière au chalumeau, etc. On était vraiment “en mode garage” ! 

Fil & Fab

Aujourd’hui vous en êtes où ? 

Aujourd’hui, Fil & Fab s’industrialise et grossit. Des clients ont pu sortir leurs premiers produits en 2020 malgré le contexte : des lunettes de soleil 100 % filets de pêche recyclés chez Armorlux notamment. Nous avons aussi des retombées très intéressantes sur le marché de l’horlogerie. 

En 2021, on va augmenter la capacité de recyclage et de vente. On a investi dans de nouvelles machines et nous allons développer des filières dans d’autres régions.  

Quel rôle ont joué Les Entrep’ dans tout ça ? 

C'est grâce aux Entrep’ qu’on a commencé à entamer la réelle réflexion entrepreneuriale sur le projet. On ne connaissait pas du tout le milieu entrepreneurial, encore moins celui du maritime et du recyclage. Ça nous a obligés à sortir de notre garage, d’aller voir des professionnels... d’entamer un tas de nouvelles réflexions.

Le programme est une vraie opportunité pour concrétiser un projet

En quelques mois on a été sensibilisés aux questions de business plan, à la notion de client pour aller vers quelque chose de viable.  

Le programme est une vraie opportunité pour concrétiser un projet, le booster et voir s’il y a un potentiel derrière.   

Les rendez-vous avec les coachs sont aussi été très importants : ils nous ont épaulés et ouverts à un réseau professionnel. On a pu mettre un pied dans l’écosystème entrepreneurial brestois et avoir des retours d’expériences de personnes qui avaient déjà entrepris. 

Tu es le parrain des Entrep’ cette année, quel message souhaites-tu faire passer aux étudiants participants au programme ? 

L’entrepreneuriat c’est dur, je le sais car je l’ai vécu et je continue à la vivre. Mais dans tous les cas c’est une superbe expérience et c’est ce qu'il faut garder en tête. Toujours voir les loupés ou les échecs comme des tremplins pour progresser et du “gagnant” à mettre en valeur plus tard.  

C’est difficile mais il ne faut surtout pas baisser les bras

On vit cette année un contexte sanitaire compliqué. Il faut s’adapter, prendre sur soi, s’organiser... c’est difficile mais il ne faut surtout pas baisser les bras car ce contexte peut être une opportunité pour repenser un projet et faire naitre des idées nouvelles.  

Le tout est de ne surtout ne pas rester seul : ne pas hésiter à prendre contact, à demander des visio aux gens, ne pas avoir peur de déranger. 

En tant que parrain Les Entrep’, je suis disponible pour aider les étudiants qui le souhaitent. Si je peux leur éviter de perdre du temps et de l’énergie sur des problèmes qui ont déjà été solutionnés c'est un bon début.  

Son parcours

  • 2013 : quitte la Mayenne pour les études supérieures à Brest 
  • BTS Design de produits 
  • L3 Design et transition écologique aux Beaux-Arts 
  • 2015 : crée Fil & Fab avec ses deux associés 
  • 2016 : participation aux fêtes maritimes de Brest 
  • IAE (Institut d’administration des entreprises) et programme Les Entrep’